La spirale grecque

Grâce à une bonne dose de racisme primaire et de clichés éculés, les Européens du Nord parviennent à se convaincre que la situation grecque est exceptionnelle et ne peut toucher qu’un peuple de fainéants et de fraudeurs. Hélas, le processus engagé en Grèce menace aujourd’hui l’ensemble des pays européens confrontés à une hausse des taux d’intérêts et, les politiques mises en oeuvre étant les mêmes partout, elles produiront partout les mêmes effets.

La spirale infernale commence toujours par une hausse des taux d’intérêts.

Comme aucun pays n’a l’intention de rembourser sa dette et que les finances publiques exigent un roulement permanent des échéances les unes sur les autres, chaque refinancement alourdit les charges d’intérêt du budget national. La hausse des taux d’intérêts se répercute donc directement sur la charge de la dette et augmentent d’autant les déficits publics.

Laisser filer les déficits publics alimenterait la hausse des taux d’intérêt et donc, le pays s’engage sur la voie de la rigueur, augmentant les impôts et diminuant les dépenses publiques.

Naturellement, l’économie nationale est tôt ou tard impactée par les mesures en question. Aucune mesure d’austérité n’est jamais indolore. On assiste donc à une contraction du PIB d’autant plus importante que  le pays est plus socialiste et que l’économie nationale s’est structurée autour des innombrables interventions publiques.

A son tour, la contraction du PIB réduit les recettes fiscales, augmente les dépenses sociales et aggrave les déficits publics. Les finances publiques sombrent et les investisseurs rechignent encore plus à prêter à l’Etat.

A ce stade, il est d’autant plus difficile à un gouvernement de changer de stratégie qu’il serait contraint de reconnaître qu’il s’est trompé depuis le début. On passe de politiques de rigueur à l’austérité franche et l’économie entre en récession.

Avec un PIB en diminution, tous les ratios comptables des finances publiques, calculés en pour-cent du PIB, se mettent au rouge vif et la situation devient totalement hors de contrôle.

A terme, après avoir massacré l’économie du pays, le gouvernement est obligé d’avouer le défaut souverain.

Soyons certain qu’aucun pays n’échappera à cette spirale infernale parce qu’il est dans la nature d’un système fondé sur le crédit de s’effondrer quand le crédit disparaît. Ce n’est même pas une question de gauche, de droite, d’Euro, de BCE, de FED, de S&P, de spéculateurs ou d’ultra-libéralisme. C’est -simplement – une question de temps.

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