S&P : voir au-delà de la France

Suite à la charrette de dégradations présentée par S&P ce vendredi soir, je pense que la séance de lundi va nous offrir un gap baissier suivi d’une longue bougie rouge, prélude à un krach. Je reste évidemment attentif à une solidité inattendue des marchés, mais je ne pense pas que les cours prennent déjà en compte l’ensemble des éléments compris dans la note de S&P.

Certes, la dégradation de la France était attendue. Et son caractère symbolique, ainsi que le contexte électoral en France, justifie que les médias s’y attardent plus particulièrement. Mais, au-delà de la dégradation française en tant que telle, 5 éléments me semblent plaider en faveur d’une baisse importante des marchés.

  1. Cette dégradation et son impact sur les taux d’intérêt pourrait plonger la France dans une spirale grecque. En tout cas, en annonçant encore plus d’austérité, le gouvernement français semble prendre cette direction.
  2. La dégradation de la note de l’Italie à BBB+, et donc son passage de la catégorie « investissement » à la catégorie « spéculative », obligera une certains nombre de fonds obligataires conservateurs à se débarrasser de leurs titres, ce qui aggravera la situation italienne.
  3. L’idée de faire une « charrette » avec plusieurs pays de la zone Euro montre que la contagion est réelle. Pour les analystes, ce n’est plus tel ou tel pays qui aurait un problème local pour des raisons locales. Les pare-feux promis par les politiciens n’ont pas fonctionné et, désormais, toute l’Europe est contaminée par la crise de la dette.
  4. Un élément neuf et important mis en avant par S&P réside dans un nouveau risque juridique autour des obligations souveraines de la zone Euro. Les obligations mises en garantie auprès du FESF et du MES (et de la BCE ?) risque d’être considérées comme prioritaires en cas de problème de payement. Une pression politique pourrait mettre à mal l’égalité de droit entre les créanciers au détriment des investisseurs privés et/ou étrangers.
  5. Enfin, cerise sur le gâteau, les agences de notation ont toujours dit que la notation du FESF était dépendante de la notation des pays membres. Pour mémoire, les emprunts du FESF auprès des marchés financiers sont garantis par des obligations mises à disposition par les Etats membres. Si la qualité de ces obligations diminue suite à la dégradation des pays émetteurs, c’est la qualité de la garantie qui diminue et donc, ipso facto, la sécurité des titres émis par le FESF. Une dégradation du FESF mettrait en cause l’ensemble du plan d’aide aux pays en difficulté. Cette dégradation-là serait d’une autre importance que la dégradation de la France
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