crise : la solution est libérale (comme toujours)

Dans un monde socialiste, les politiques d’austérité sont socialistes.


C’est un miracle de la communication politique d’être parvenu à faire passer l’austérité pour une valeur de droite. La gauche comme la droite trouve un intérêt politique à se distribuer les rôles, aux uns la gentillesse et les cadeaux, aux autres la rigueur et la bonne gestion. Les gogos d’électeurs n’en demandent pas plus. Pourtant, même quand elle est menée par la droite, un politique d’assainissement des finances publics n’a jamais qu’un seul but : préserver le système social-démocrate en place en Europe. Qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est pas un objectif de la gauche ! D’ailleurs, les partis socialistes ont souvent fait bien plus que les partis de droite pour assainir leurs pays respectifs. En Grèce, Papandréou a imposé l’austérité, là où Karamanlis avait échoué. En Allemagne, c’est Schröder qui a mis en place les réformes qui permettent à Merkel de parader aujourd’hui. En Belgique, Di Rupo a privatisé Belgacom quand Reynders a nationalisé Fortis. Et même en France,… non !, en France tout le monde a merdé !Les libéraux et les libertariens commettent une erreur stratégique monstrueuse en acceptant de se faire les porte-paroles et les thuriféraires de l’austérité. Non seulement, ils se font les alliés objectif de l’Etat social-démocrate, mais en plus, les politiques d’austérités ne servent plus à rien. Il y a encore 5 ou 10 ans, un assainissement en profondeur des finances publiques avait un sens. Mais, aujourd’hui, c’est trop tard. Depuis le temps que l’on signale qu’une gestion indolente de l’Etat allait conduire à la catastrophe, et bien, on y est ! La catastrophe a eu lieu ! Le suicidaire ne s’est pas encore atteint le sol mais il a déjà sauté du toit. Inutile d’encore faire appel aux services d’aide psychologique. Il faut déjà s’activer pour l’après-krach.La situation actuelle n’est pas comparable aux récessions de ces dernières décennies. D’habitude, un choc extérieur vient ralentir l’activité économique et met du contre-coup les finances publiques en difficulté. Mais aujourd’hui, nous vivons un effondrement de nos systèmes économiques, par l’intérieur, sous le poids du mauvais crédit. L’Etat et les finances publiques sont à l’épicentre du séisme. Temporairement, il est sans doute possible de colmater la brèche, mais les forces à l’oeuvre ne disparaîtront pas pour autant et l’effondrement final est inéluctable. Ni la Grèce, ni l’Allemagne, ni les Etats-Unis, ni aucun pays occidental ne remboursera jamais sa dette. Défendre aujourd’hui l’austérité, et se ruer dans la spirale grecque, revient à détruire l’économie et la société pour reculer de quelques mois ou quelques années un événement inéluctable.A gauche, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer ce cycle infernal. Mais ils n’ont pas perçu l’ampleur du problème et s’imaginent que leurs vieilles recettes anti-cycliques de deficit spending vont résoudre le problème dont elles sont la cause immédiate. Hélas pour eux, ils ne seront pas suivi par l’establishment keynésiarque qui a bien conscience de jouer sa survie dans la crise actuelle. Plus que jamais, solution économique et solution politique se rejoignent en ce que la sortie de crise ne peut se faire que par la sortie du système social-démocrate mis en place depuis des décennies.

La solution libérale


Privatisations massives : Le problème immédiat de l’Etat est un problème de liquidité pour faire face aux échéances de remboursement de la dette publique. La stratégie payante jusqu’à présent, qui consistait à faire rouler les échéances d’une année sur l’autre par un recours récurrent à l’emprunt, arrive à son terme et devient intenable dans un contexte de credit crunch. L’augmentation des taux d’intérêt déséquilibre les finances publiques, ce qui dégrade la confiance des investisseurs et augmente encore les taux d’intérêt. L’idée de rétablir l’équilibre des finances publiques par une augmentation des taxes et une diminution des prestations sociales est absurde parce qu’elle ne rencontre pas le vrai problème qui est l’épuisement du crédit au niveau mondial. On peut encore jouir d’une parfaite confiance auprès des investisseurs, si ceux-ci n’ont pas d’argent à investir, la situation ne va pas s’améliorer. Pour s’en sortir, il faut procèder à des privatisations massives. On génère ainsi un flux d’argent liquide qui permet de réduire notre dépendance au marché international du crédit. Si ces liquidités donnent le temps nécessaire à la réalisation des réformes structurelles indispensables, il ne s’agit pas à proprement parler de mesures one-shot, mais d’une investissement. Vendre sa maison de campagne pour partir en vacance est une ineptie, la vendre pour payer les travaux indispensables dans sa résidence principal est un acte de saine gestion.

Réduction drastique de la fiscalité et dérégulation du marché : Pour contrer les pressions récessionnistes du credit crunch en court, il faut relancer la croissance, mais une vraie croissance, basée sur l’investissement durable et non plus sur la consommation éphémère. Nous sommes à l’aube d’une phase de destruction créatrice telle que décrite par Schumpeter qui va marquer l’abandon d’une économie basée sur le crédit et le retour à une économie d’épargne et d’investissement. La pire erreur serait de s’arc-bouter pour maintenir le système actuel ou d’essayer de planifier le futur. La période historique que nous allons traverser nécessite de lâcher totalement les rênes aux forces entrepreneuriales. On a besoin de nouveaux barbares qui détruisent le vieux monde et fassent naître le nouveau. Il suffit de 2 à 3 ans pour que le nouveau dynamisme économique fasse ressentir ses effets et qu’une croissance nouvelle voit le jour. D’ici là, nous allons souffrir nécessairement et dans tous les scénario. Mais que préférez-vous ? Souffrir comme un cancéreux en soins palliatifs ou souffrir comme une femme en chambre d’accouchement ?

Annulation ordonnée de la dette publique : Ne vous faites aucune illusion, la dette ne sera jamais remboursée. Aucun gouvernement au monde n’est capable de garantir un excédent primaire de 5% pendant 20 ans. Le seul espoir des politiciens réside dans un retour miraculeux de la croissance qui permettrait de réduire le ratio dette/PIB. Mais le montant brut de la dette, personne n’envisage un seul instant de le réduire. Aujourd’hui, on ne parle même pas d’arrêter la croissance de la dette mais de réduire les déficits, c’est-à-dire, in fine, seulement le rythme de croissance de la dette. La dette en elle-même est intouchable et inaccessible. Un jour, peut-être demain, ce système devra disparaître, comme chaque chose en ce bas monde, et nous connaîtrons une faillite de tous les pays occidentaux. Notre alternative est donc de s’organiser en vue que celle-ci soit la moins douloureuse possible ou de nous laisser prendre au dépourvu. Pensez à l’énergie dépensée depuis 3 ans pour « sauver la Grèce ». Et, au final, on a détruit le pays et on court droit vers un défaut désordonné. N’aurait-il pas mieux valu consacré ce temps et cette énergie à mettre au point un plan de sortie qui sauve les meubles ? Oh ! bien sûr, il y aura toujours quelqu’un pour juger immoral de ne pas rembourser ses dettes. Souvent quelqu’un proche du lobby bancaire, d’ailleurs. Mais qu’on ne compte pas sur moi pour verser une larme sur ces malheureux créanciers. Qu’ont-ils fait, sinon de fournir à l’Etat les moyens de ses politiques dispendieuses et de ses gabegies insensées ? Et sur quoi garantissaient-ils leurs prêts, sinon sur la possibilité de l’Etat de lever toujours plus d’impôts et de confisquer – en ultime recours – l’épargne de la population ? Ils ont joué le jeu du toujours plus d’Etat, et bien, ils ont perdu. Tant pis ? Ou bien fait ?

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2 réflexions sur “crise : la solution est libérale (comme toujours)

  1. La privatisation et la déréglementation est nécessaire pour réduire la dette d’un Etat et enrichir la population. C’est vrai aussi pour l’Etat grec. L’Etat grec est un boulet au pieds des Grecs. La dette de l’Etat grec n’est pas la dette d’aucun grec. Chacun a son patrimoine. Le patrimoine d’un grec est le sien pas celui de l’Etat.

    C’est peut-être le moment de permettre à chaque grec d’échanger dans la devise de son choix. Et d’abaisser toutes les barrières administratives afin que l’usage d’une autre devise ne coûte pas plus cher que la devise légale.

    Et c’est peut-être aussi le moment d’autoriser le free banking en Grèce. Que chacun puisse créer librement une banque. Que chacun puisse créer sa monnaie. Une telle mesure ne peut nuire à personne. Le free banking fonctionnerait nécessairement. Mais, il est douteux qu’un Etat accepte de se désaisir du moyen le plus discret de voler sa population.

  2. Je pense que les Grecs vont nous surprendre mais je crains qu’ils n’aillent pas aussi loin, hélas. L’occasion serait unique d’instaurer un système de monnaies en concurrence où l’Euro cohabiterait d’autres moyen d’échange.

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