La Grèce est prête pour la guerre civile

La démocratie ne résout jamais rien.

Nous avons pris l’habitude de croire que le vote démocratique permettait un choix entre des options politiques alors qu’il ne s’agit que d’un choix entre des hommes. Dans un pays comme la France, les Etats-Unis ou la Belgique, tout se passe toujours bien parce que rien ne change d’une élection sur l’autre. Il y a bien un petit impôt de plus par-ci ou une subvention de moins par-là, mais rien de très fondamental. Le rôle de l’élection se limite à choisir qui pourra manger avec la Reine d’Angleterre lors des sommets internationaux.

Mais prenez une vraie question comme celle qui était posée aux Grecs ce dimanche et vous verrez que le vote démocratique ne sert à rien. A l’heure d’écrire ses lignes, les premiers sondages à la sortie des urnes donnent Nouvelle Démocratie et Syriza au coude-à-coude  juste au-dessous des 30 %. Là où les observateurs espéraient un choix du peuple grec entre le maintient dans l’Euro à tout prix et le rejet pur et simple d’une austérité criminelle, nous nous retrouvons face à un double échec. Quel que soit le parti qui empochera les 50 sièges de bonus promis par la constitution au vainqueur de l’élection, il sera incapable de former un gouvernement majoritaire.

A partir d’ici, tous les artifices politiques et juridiques qui seront mis en oeuvre pour permettre la nomination d’un gouvernement ne pourront camoufler cette vérité première que le peuple grec est profondément divisé en deux clans de taille égale. Aucun choix politique ne sera légitime. Que Syriza prenne le pouvoir et la Grèce quittera l’Euro, entraînant la ruine de nombreux grecs. Que ND arrive en tête et sa politique d’austérité provoquera autant de pauvreté. Dans les deux cas, le différentiel électoral sera insuffisant pour justifier la politique mise en oeuvre face à ceux qui en souffriront. Ce sera l’application pure et brutale du pouvoir étatique par un clan.

Jusqu’à ce que l’autre clan se rebelle pour de bon et prenne les armes.

Publicités
Catégories : Divers | Un commentaire

Leçon de géographie européenne

Mais qu’est-ce que l’Ouganda vient faire dans cette galère ?

« For your definitive documented « X is not Y » atlasing needs.

1. “Spain is not Greece.”

Elena Salgado, Spanish Finance minister, Feb. 2010

2. “Portugal is not Greece.”

The Economist, 22nd April 2010.

3. “Ireland is not in ‘Greek Territory.’”

Irish Finance Minister Brian Lenihan.

4. “Greece is not Ireland.”

George Papaconstantinou, Greek Finance minister, 8th November, 2010.

5. “Spain is neither Ireland nor Portugal.”

Elena Salgado, Spanish Finance minister, 16 November 2010.

6. “Neither Spain nor Portugal is Ireland.”

Angel Gurria, Secretary-general OECD, 18th November, 2010.

7. « Spain is not Uganda »

Rajoy to Guindos… Last weekend!

8. « Italy is not Spain »

Ed Parker, Fitch MD, 12 June 2012″

viaThe Definitive Lesson In « New Normal » European Geography | ZeroHedge.

Catégories : Divers | Étiquettes : , , , , , | 2 Commentaires

M. Draghi, relevez les taux directeurs de la BCE !

Comme avant chaque réunion de la BCE, les experts, économistes, banquiers, journalistes et boursicoteurs espèrent tous un baisse des taux directeurs et nous en décrivent les innombrables miracles attendus qui reviennent tous, plus ou moins, à donner quelques semaines de répit au système social-démocrate. Pourtant, la véritable décision courageuse, utile et nécessaire serait bien de relever ces fameux taux directeurs. En matière de taux d’intérêt comme dans tout autre domaine, l’imposition d’un écart important et prolongé par rapport au marché libre finit toujours par produire des effets pervers imprévus. Plutôt que de résoudre la crise, la politique des taux bas l’alimente et en empêche la résorption par le système économique.

Dans mon article sur le bon et le mauvais crédit, j’avais résumé la théorie autrichienne de la crise. Celle-ci explique qu’une politique de taux bas induit les acteurs en erreur quant à la quantité de biens capitaux à leur disposition et incite à une sur-consommation de ceux-ci détruisant les possibilités d’investissement futurs. La crise survient au moment où les acteurs découvrent qu’il n’y a plus de capital matériel derrière la fiction comptable et le marché du crédit se bloque. Il n’y a plus d’autre solution à ce moment que d’acter les pertes, d’effacer le mauvais crédit et de permettre à l’épargne de se reconstituer à travers un cycle déflationniste. Pendant l’inévitable krach, on assiste aux fameux épisodes de destruction créatrice décrits par Schumpeter et la crise est finalement dépassée par un nouvel élan économique.

Depuis trois ans maintenant, dans leur présomption fatale, les dirigeants occidentaux s’ingénient à éviter l’inévitable. Les lois de l’économie interdisent tout espoir de relance économique avant que le mauvais crédit n’ait été totalement purgé, mais l’indispensable credit crunch fait peur à tout le monde et les choix politiques actuels maintiennent le système au bord du ravin avec toutes les conséquences funestes que l’on voit, destruction des économies du sud de l’Europe, crise interminable, régression sociale, renforcement du centralisme bureaucratique, décomposition politique, replis identitaire, résurgence du fascisme et du communisme. En relevant les taux d’intérêt, la BCE enverrait enfin le signal clair que l’on change de cap, qu’on accepte de prendre nos pertes et que l’on est prêt à dépasser la crise.

La politique des taux bas est généralement justifiée par trois facteur.

-Au niveau des entreprises : L’accès des banques à un crédit bon marché auprès de la BCE devrait normalement les inciter à prêter plus facilement aux entreprises. Celles-ci auraient ainsi la possibilité d’investir facilement dans leurs nouveaux projets et l’activité industrielle serait donc soutenue par les taux bas. Hélas, en période de crise économique, la mécanique se grippe. En effet, même si l’accès au crédit est facile, les entreprises n’en profitent pas parce qu’elles ne voient pas d’issues économiques à leurs nouveaux investissements. Mario Draghi lui-même a dû convenir devant le parlement européen que les opérations de LTRO s’étaient soldées par un échec sur ce plan par manque d’appétit des entreprises pour le crédit.

-Au niveau des citoyens : Les taux bas de la BCE se répercutent sur les taux des différents investissements des bons pères de famille, carnets d’épargne, bons d’Etat et obligation d’entreprises. Ils modifient donc l’arbitrage entre épargne et consommation, au bénéfice de cette dernière. En réalité, si le surcroît de consommation est réputé soutenir l’activité économique, la gestion de l’épargne est totalement chamboulée par la nécessité de trouver des rendements plus attrayants et de se protéger d’une inflation inévitable. On voit donc l’apparition de bulles, comme dans l’immobilier, et la réorientation de l’épargne vers des investissements improductifs comme l’or.

-Au niveau des Etats : Ce sont évidemment les grands gagnants d’une politique de taux bas qui leur permet de soutenir un niveau de dépenses incompatibles avec les réalités économiques. Par ailleurs, il apparaît de plus en plus clairement que nos gouvernements cherchent à provoquer une inflation importante pour réduire proportionnellement leur endettement. Si les politiciens s’effarouchent à l’idée d’un défaut partiel sur la dette souveraine, ils ne semblent pas être gênés par l’idée de rembourser leur dette en monnaie de singe, ce qui pourtant revient quasiment au même pour le créancier.

On remarquera que tous ces prétendus avantages ne portent en réalité que sur la partie demanderesse de crédit. Or, dans un marché sain, il devrait aussi y avoir une offre qui disparaît pourtant totalement des raisonnements habituels. De même que les politiques de blocage des loyers sont officiellement mises en oeuvre au service des locataires et jamais des propriétaires, la politique des taux bas est au service des emprunteurs pas des prêteurs. Un siècle de centralisme bancaire nous a plongé dans l’illusion que les banques (et les banques centrales en particulier) sont à l’origine des prêts alors qu’elles n’en sont normalement qu’un intermédiaire. Tout emprunt doit être couvert, d’une façon ou d’une autre, par une épargne équivalente. Comme le blocage des loyers qui détruit le marché immobilier, le blocage des taux d’intérêt détruit le marché du crédit. En empêchant l’épargne de se constituer, la politique des taux bas a causé la crise actuelle. Mettre fin à cette politique est une condition nécessaire à la sortir de crise.

– Au niveau des entreprises, le renchérissement du crédit conduira à une modification des avantages comparatifs. Les entreprises les moins rentables et les plus endettés seront mises en faillite laissant la place libre aux concurrents (et aux nouveaux entrants) plus efficaces. L’épuisement relatif du crédit fera place à un plus grand investissement sur fond propre et à une nouvelle génération d’entrepreneurs. En moins de deux ans, le marché sera complètement épuré et une nouvelle dynamique de croissance se sera mise en place.

– Au niveau des particuliers, une fois qu’un rendement significatif sera disponible, on va voir apparaître des capacités d’épargne insoupçonnées. Les exemples récents, en Belgique, en Italie et, dans une moindre mesure en Espagne, prouvent que lorsque les taux d’intérêts dépassent les 4%, les citoyens se découvrent tout un coup un esprit civique et sont capables de mobiliser des milliards pour acheter des bons d’Etat. La modification du risque perçu vis-à-vis de la dette étatique redirigera cette épargne vers les investissements productifs du secteur privé, ce qui aura un effet bien plus direct sur le dynamisme économique que toutes les politiques de relance par la consommation.

– Au niveau des Etats, bien sûr, la potion risque d’être plus amer. Dans la situation actuelle, l’essentiel du mauvais crédit est logé dans la dette souveraine. Les emprunts contractés par les Etats n’ont jamais servi à une politique d’investissement et furent dépensés en frais courants, aides sociales et consommation immédiate. Aucune valeur réelle n’a été crée qui puisse garantir le remboursement des dettes. La question du défaut se posera donc nécessairement lors du cycle d’apurement du mauvais crédit. Reculer l’échéance de ce défaut n’a de sens que si on s’y prépare activement. Dans le cas contraire, ce n’est que du temps perdu. Une hausse des taux directeurs serait le signal qu’il est temps de se préparer au futur plutôt que de tenter de ressusciter le passé.

Catégories : Divers | 3 Commentaires

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :