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Sauver la Grèce et l’Europe grâce au pluralisme monétaire

Au bout de deux ans, et après avoir claqué 340 milliards d’euros (soit environ 1.000 euros par citoyens européens), l’Union Européenne commence enfin à comprendre que la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette, que les politiques d’austérité ne mènent nulle part et que la zone euro va devoir se réformer en profondeur. Ne doutons pas que les petits génies du FMI, de l’UE et de la BCE, qui ont tout géré à l’envers depuis 10 ans, parviendront à mettre en place un scénario catastrophe qui débouchera, comme prévu, sur une catastrophe. Pourtant, la Grèce et l’Euro peuvent encore être sauvés si on accepte de revenir sur le monopole monétaire des gouvernements et qu’on instaure un pluralisme et une libre concurrence entre différentes monnaies.

Revenons sur le scénario le plus probable à ce jour. Quelque soit le résultat des élections grecques, le nouveau gouvernement manquera de la volonté ou de la capacité de respecter le mémorandum de la Troika. On lui coupera donc les apports de liquidités et il sera obligé de constater un défaut franc et objectif sur sa dette. Du contrecoup, les banques ne pourront plus utiliser les obligations de l’Etat Grec comme garanties au guichet de la BCE et se verront privées d’accès à l’Euro, supprimant toute liquidité dans le système économique grec. La Banque de Grèce procédera donc à l’émission d’un nouvelle monnaie (Nouveau Drachme ou autre) qui sera introduite avec un cours de 1:1. Dès les premiers instants de cotation, elle perdra quelque 30 % de sa valeur et pourrait glisser sur le long terme jusqu’à -70 %. Les épargnants grecs, qui ne sont pas plus bêtes que les hedge funds, voyant le coup arriver essayeront de retirer leur épargnes bancaires en Euro avant le changement de monnaie et on aura un bank run qui précipitera l’ensemble du secteur bancaire dans la faillite. La crise contaminera ensuite le reste de l’Europe dès que les épargnants auront vu que le maintient dans l’Euro n’est pas garanti. Le bank run risque de se reproduire en Espagne, Portugal, Italie et peut-être en France, Belgique, etc. avec toutes les catastrophes qu’on imagine.

Et pourtant, tout ce scénario découle d’une simple prémisse jamais explicitée : le monopole territorial de la monnaie. Il est évident pour tout le monde que la Grèce doit être dans l’Euro ou hors de l’Euro. Qu’elle doit utiliser soit la monnaie unique, soit une monnaie nationale. C’est toujours blanc ou noir ! Binaire. Un ou zéro. Mais pourquoi ? Pour quelle raison mystérieuse ne pourrait-on pas avoir deux monnaies sur un territoire ? Ou trois ? Pourquoi la Grèce ne pourrait-elle pas fonctionner avec l’Euro ET la Drachme ? Voire l’Euro, la Drachme et le Dollar US ?

Il existe de nombreux exemples de pays ayant vécu un pluralisme monétaire sous différentes formes. Dans un grand nombre de pays sous-développés, la monnaie locale officielle est détrônée dans les commerces par le dollar sans que ça pose de problème à quiconque. En Chine, jusqu’en 1995, il existait deux Yuan, un pour le peuple et un pour les étrangers avec un marché noir qui permettait le conversion. Au 19ième siècle, aux Etats-Unis, circulaient des dollars d’or et des dollars d’argent. Cela revenait en fait à un système bi-monétaire, où le peuple épargnait l’un et dépensait l’autre en fonction des fluctuations des cours de ces deux métaux. En France même, le monopole du Franc ne date que du front populaire en 1936. A l’époque, des monnaies italiennes et espagnoles circulaient encore largement dans le sud. Le pluralisme monétaire n’a jamais bloqué l’activité économique, ni empêché qui que ce soit de faire ses comptes. Pourquoi ne pas essayer en Grèce puisque tout le reste a échoué ?

On pourrait imaginer le plan suivant.

Le pays fait défaut, ça, on n’y coupera pas. Du contrecoup, les banques perdent leur accès aux euros, mais elles conservent les comptes d’épargne exprimés en Euro quitte à suspendre temporairement les retraits. Le manque de liquidité dans le système économique est comblé par l’introduction d’une monnaie parallèle, le nouveau drachme dont l’objectif est de soutenir les échanges à l’intérieur de la Grèce. Les Grecs consommeraient en Drachme mais épargneraient en Euro. Bien sûr, la Drachme serait vue comme une monnaie faible et sujette à l’inflation. A elle seule, elle ne permettra pas de stabiliser le système. La grande peur des Grecs et des investisseurs, et ils ont raison, c’est que la Drachme parte dans une spirale inflationniste et que tous les actifs libellés en Drachme, depuis les comptes d’épargne jusqu’aux obligations commerciales, perdent leur valeur. Il serait tout-à-fait concevable, lorsqu’on accepte de sortir de l’idée d’un monopole monétaire, de régler ce problème en adoptant comme monnaie légale, le dollar américain. Le gouvernement annoncerait la conversion de tous les contrats de travail et que tous les échanges avec l’administration conserveront leur valeur faciale mais seront désormais libellés en dollar plutôt qu’en Euro. Ainsi, on obtient l’effet d’une dévaluation d’environ 30 % tout en conservant une monnaie qui jouit encore d’une certaine réputation. De nombreux pays ont adopté le dollar américain comme devise nationale et ne mènent aucune politique monétaire particulière. Ça demande un peu d’organisation, mais la Grèce pourrait très bien s’en accommoder, profitant en plus du plaisir revanchard d’humilier les dirigeants de la BCE.

A terme, la situation se stabilisera et une sélection s’opérera entre les monnaies selon leur usage. Quand la croissance économique reviendra, si la Nouvelle Drachme a été mal gérée et n’a pas su convaincre, elle s’effacera progressivement devant un système bi-monétaire tourné autour du Dollar et de l’Euro. Dans les autres pays européens, la constatation que les économies de citoyens ont été épargnées par les tribulations monétaires du pays devrait ramener la confiance dans le système bancaire et permettre de juguler les risques de contagion. Bien sûr, on n’évitera pas un défaut souverain et une baisse du niveau de vie des peuples surendettés, mais, ça, personne ne pourra l’éviter. Le pluralisme monétaire ne mènera pas l’Europe au paradis, mais, au mois, elle lui évitera l’enfer.

On m’objectera que cette solution étant à la fois simple et efficace, il n’y a aucune chance qu’elle soit mise en oeuvre. Et l’on aura -hélas !- raison.

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La dette publique, héritage des Trente Glorieuses « Théorème du Bien-Être

Excellent article sur « théorème du bien-être« . Le genre de calcul que nous aimons parce qu’il déroute, qu’il dessille et qu’ils dérange.

« L’attribution de la dette publique à tel ou tel gouvernement se fait généralement de manière grossière et inéquitable. Elle consiste à comparer le volume de la dette à son entrée en fonction et à la fin de son mandat. (…)

Pourquoi cette méthode est-elle « inéquitable » ? Parce que dans le déficit d’un gouvernement en exercice, on trouve les intérêts versés au titre des dépenses impayées de leurs prédécesseurs. Tant que ces vieilles factures ne sont pas honorées, leur montant croit de manière géométrique par le mécanisme des intérêts composés. »

En clair, le fait pour un politicien de ne pas avoir rembourser la dette laissée par son prédécesseur ne suffit pas à le rendre responsable des intérêts générés de façon exponentielle par cette dette préalable. La conséquence directe de cette nouvelle façon (beaucoup plus logique) de comptabiliser les responsabilité de chacun, c’est que l’ancienneté d’une part donnée de la dette à un effet immédiat sur sa part dans la dette totale.

La dette contractée avant 1973, donc pendant les trentes glorieuses, représente finalement plus de 50 % de la dette totale de la France. On peut (et on doit !) reprocher aux politiciens suivants de n’avoir rien fait pour rembourser cette dette, mais ce ne sont pas eux qui l’ont crée. Il est donc totalement faux de faire de la dette publique un problème récent de la dernière décennie. Les racines en sont bien plus anciennes.

viaLa dette publique, héritage des Trente Glorieuses « Théorème du Bien-Être.

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La bulle financière sur la dette allemande atteint son point haut

D’après l’Echo.

« Pour la pre­mière fois, l’Al­le­magne a em­prun­té mer­cre­di sur le mar­ché obli­ga­taire avec un cou­pon zéro, c’est-à-dire qu’elle ne paie­ra pas d’in­té­rêt sur cette dette.

La Bun­des­bank, char­gée de l’opé­ra­tion, a in­di­qué avoir levé 4,55 mil­liards d’euros d’obli­ga­tions à deux ans (Schatz). La de­mande a été forte: plus de 7,74 mil­liards d’euros d’offres ont été re­çues.

→ Le taux de ren­de­ment moyen, qui ré­sulte du rap­port entre l’offre et la de­mande, est res­sor­ti à un ni­veau quasi nul (0,07%), un nou­veau plus bas his­to­rique pour des obli­ga­tions al­le­mandes de ce type.

Et en jouant sur le rap­port entre l’offre et la de­mande, en ne pla­çant pas la to­ta­li­té de l’émis­sion (sur les 5 mil­liards d’euros pré­vus, la Bun­des­bank a re­te­nu 455 mil­lions d’euros pour le mar­ché se­con­daire), l’Al­le­magne a tech­ni­que­ment em­prun­té à taux zéro.

C’est la pre­mière fois que l’Al­le­magne émet­tait une obli­ga­tion à cou­pon zéro, toutes échéances confon­dues. Le pays peut se per­mettre ce luxe grâce à son sta­tut pri­vi­lé­gié de « va­leur sûre » en Eu­rope, ren­for­cé par la mon­tée ac­tuelle des in­cer­ti­tudes sur une sor­tie éven­tuelle de la Grèce de l’euro. »

Cerise sur le gâteau ! On vous garde le meilleur pour la fin

« L’Al­le­magne n’a ce­pen­dant pas l’in­ten­tion d’émettre des obli­ga­tions à des cou­pons né­ga­tifs, a pré­ci­sé l’Agence fi­nan­cière: « Un cou­pon de 0% reste pour l’ins­tant la li­mite ». »

viaGros succès pour l’émission à taux 0% de l’Allemagne: L’Echo.

Maintenant que le taux zéro est atteint, il n’y a plus qu’un chemin possible. Quelque soit la période de stabilité, le mouvement suivant se fera à la hausse. Et puis viendra la question du défaut allemand.

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