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France : Taux d’abstention à 18,5 %

Nous tenons à remercier pour leur confiance les Français qui ont suivi notre appel à l’abstention.
Avec 18,5 % de la population française qui a partagé notre analyse et qui se range à nos conclusions, nous pouvons nous enorgueillir d’être l’une des principales forces de l’échiquier politique, devant l’ensemble des petits candidats et au coude-à-coude avec Marine Le Pen.
D’avance, nous rejetons les avis chagrins et cyniques des commentateurs qui oseraient prétendre que nous ne serions pas représentatifs de l’ensemble des abstentionnistes. Il ne nous apparaît pas qu’il y ait moyen, dans le système électoral tel qu’il est organisé, de connaître les intentions réelles des votants. Si personne ne voit d’inconvenant à considérer que les 52% de voix qui se sont portées sur le nom de F. Hollande permette à celui-ci de prétendre que son programme est soutenu par un nombre identique de personne (alors même qu’il en ignore les motivations réelles), je ne conçois aucune bonne raison de me voir refuser le droit de m’arroger les 18,5 % d’abstention qui n’ont pas spécifié s’abstenir pour d’autre raison que mon récent billet.

Merci à vous !

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CDI et insatisfaction au travail

Dans un billet récent, j’ironisais méchamment sur le tendance française à penser que l’ensemble du monde leur enviait leur précieux CDI et que celui-ci constituait le pinacle du paradis social-démocrate. J’aimerais revenir sur ce fameux CDI car on parle trop rarement de ses inconvénients pour ceux-là même qu’il est supposé protéger, les employés.

Les principaux arguments présentés pour justifier une réforme du CDI portent sur des questions macro-économiques de compétitivité et de flexibilité. Ils ne répondent donc pas vraiment à l’impression générale qui veut qu’un CDI « en béton » soit un avantage pour le travailleur qui en bénéficie, quitte à produire des effets pervers dans le reste du système. Pourtant, il apparaît que le système français – où les employés sont parmi les plus protégés au monde – est également celui qui génère le plus de frustration au travail. De  façon tout-à-fait subjective, j’ai souvent été étonné de l’agressivité qui règne dans les relations professionnelles en France. Mais peut-être est-ce propre au caractère français ? J’ai donc cherché quelque étude pour savoir si cette impression était justifiée. Les chiffres ne sont pas légions mais ils vont tous dans le même sens : la France est un des pays où la satisfaction au travail est la plus faible et ce depuis des années !

Selon le World Values Survey de 1981 et 1991, la France se classe 15-ième sur 16 pays. Seul le Japon fait pire. La première place est détenue par l’Italie puis par la Danemark. (Source, table 11, page 36)

Plus récemment, d’autres données, provenant de l’International Social Survey Program de 2005, confirme la situation désastreuse de la France, avant-dernière sur 32 pays. Cette fois, c’est la Corée du Sud qui se place dernière et le Mexique qui mène la liste. Entre 1997 et 2005, la France s’est fait dépasser par des pays comme la Slovénie, la Bulgarie et la Russie. (Source, table 3, page 7)

Les grandes études internationales permettent de confirmer que l’insatisfaction au travail est une caractéristique française, mais pas d’en trouver les causes. Un étude moins étendue mais plus profonde sur le départ à la retraite permet d’identifier la cause première de ce malaise. (source, tableau 2, page 10)

Cette enquête, qui porte sur des travailleurs en fin de carrière (donc probablement presque tous en CDI), établit une fois de plus l’insatisfaction au travail des Français. A la question, « Tout bien considéré, mon travail me satisfait », 88,9 % répondent positivement, ce qui constitue le pire résultat après la Grèce (86,4). La moyenne se situant à 93 % de réponse positive.

Pourtant, le travail en France n’est pas physiquement pénible (deuxième meilleur score derrière la Suisse), on n’y travaille pas sous pression (deuxième meilleur score derrière les Pays-Bas) et la stabilité d’emploi est garantie (deuxième meilleur score après l’Espagne). Pour ce qui est du salaire ou de l’état de santé des employés, la France se classe dans la moyenne.

La grande spécificité française se marque dans la question « je reçois la reconnaissance que je mérite pour mon travail ». Dans la plupart des pays étudiés, le taux de réponses positives dépasse les 75 %. L’Italie fait moins bien avec 62% et la France plonge en dernière position avec seulement 56 %. Le chiffre est impressionnant ; près de la moitié des travailleurs français entre 50 et 64 ans ont l’impression qu’on ne reconnaît pas leur mérite !

Ces chiffres démontrent très clairement que l’insatisfaction au travail ne provient pas d’un problème de flexibilité, de précarité, de pénibilité ou de surmenage. Ce n’est pas non plus une question de salaire ou de pouvoir d’achat. La cause principale du malaise au travail des Français est à chercher dans les relations humaines, dans la reconnaissance du travail accompli, dans le respect de la dignité du travailleurs.

Bien sûr, on ne peut pas incriminer directement et spécifiquement le CDI, mais il est évident qu’une trop grande rigidité dans le contrat de travail est la source de tensions psychologiques dans l’entreprise. Comme dans les vieux couples qui ne peuvent divorcer, les conflits sont permanents. Quand un patron ne peut licencier un employé médiocre et que celui-ci ne peut quitter son travail par peur du chômage, la tension va monter graduellement et que l’insatisfaction voit croître dans un climat de rancœur et d’amertume. Peut-être les représentants des travailleurs pourraient-ils, à l’occasion, se pencher sur cette question…

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S&P : voir au-delà de la France

Suite à la charrette de dégradations présentée par S&P ce vendredi soir, je pense que la séance de lundi va nous offrir un gap baissier suivi d’une longue bougie rouge, prélude à un krach. Je reste évidemment attentif à une solidité inattendue des marchés, mais je ne pense pas que les cours prennent déjà en compte l’ensemble des éléments compris dans la note de S&P.

Certes, la dégradation de la France était attendue. Et son caractère symbolique, ainsi que le contexte électoral en France, justifie que les médias s’y attardent plus particulièrement. Mais, au-delà de la dégradation française en tant que telle, 5 éléments me semblent plaider en faveur d’une baisse importante des marchés.

  1. Cette dégradation et son impact sur les taux d’intérêt pourrait plonger la France dans une spirale grecque. En tout cas, en annonçant encore plus d’austérité, le gouvernement français semble prendre cette direction.
  2. La dégradation de la note de l’Italie à BBB+, et donc son passage de la catégorie « investissement » à la catégorie « spéculative », obligera une certains nombre de fonds obligataires conservateurs à se débarrasser de leurs titres, ce qui aggravera la situation italienne.
  3. L’idée de faire une « charrette » avec plusieurs pays de la zone Euro montre que la contagion est réelle. Pour les analystes, ce n’est plus tel ou tel pays qui aurait un problème local pour des raisons locales. Les pare-feux promis par les politiciens n’ont pas fonctionné et, désormais, toute l’Europe est contaminée par la crise de la dette.
  4. Un élément neuf et important mis en avant par S&P réside dans un nouveau risque juridique autour des obligations souveraines de la zone Euro. Les obligations mises en garantie auprès du FESF et du MES (et de la BCE ?) risque d’être considérées comme prioritaires en cas de problème de payement. Une pression politique pourrait mettre à mal l’égalité de droit entre les créanciers au détriment des investisseurs privés et/ou étrangers.
  5. Enfin, cerise sur le gâteau, les agences de notation ont toujours dit que la notation du FESF était dépendante de la notation des pays membres. Pour mémoire, les emprunts du FESF auprès des marchés financiers sont garantis par des obligations mises à disposition par les Etats membres. Si la qualité de ces obligations diminue suite à la dégradation des pays émetteurs, c’est la qualité de la garantie qui diminue et donc, ipso facto, la sécurité des titres émis par le FESF. Une dégradation du FESF mettrait en cause l’ensemble du plan d’aide aux pays en difficulté. Cette dégradation-là serait d’une autre importance que la dégradation de la France
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