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Leçon de géographie européenne

Mais qu’est-ce que l’Ouganda vient faire dans cette galère ?

« For your definitive documented « X is not Y » atlasing needs.

1. “Spain is not Greece.”

Elena Salgado, Spanish Finance minister, Feb. 2010

2. “Portugal is not Greece.”

The Economist, 22nd April 2010.

3. “Ireland is not in ‘Greek Territory.’”

Irish Finance Minister Brian Lenihan.

4. “Greece is not Ireland.”

George Papaconstantinou, Greek Finance minister, 8th November, 2010.

5. “Spain is neither Ireland nor Portugal.”

Elena Salgado, Spanish Finance minister, 16 November 2010.

6. “Neither Spain nor Portugal is Ireland.”

Angel Gurria, Secretary-general OECD, 18th November, 2010.

7. « Spain is not Uganda »

Rajoy to Guindos… Last weekend!

8. « Italy is not Spain »

Ed Parker, Fitch MD, 12 June 2012″

viaThe Definitive Lesson In « New Normal » European Geography | ZeroHedge.

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Sauver la Grèce et l’Europe grâce au pluralisme monétaire

Au bout de deux ans, et après avoir claqué 340 milliards d’euros (soit environ 1.000 euros par citoyens européens), l’Union Européenne commence enfin à comprendre que la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette, que les politiques d’austérité ne mènent nulle part et que la zone euro va devoir se réformer en profondeur. Ne doutons pas que les petits génies du FMI, de l’UE et de la BCE, qui ont tout géré à l’envers depuis 10 ans, parviendront à mettre en place un scénario catastrophe qui débouchera, comme prévu, sur une catastrophe. Pourtant, la Grèce et l’Euro peuvent encore être sauvés si on accepte de revenir sur le monopole monétaire des gouvernements et qu’on instaure un pluralisme et une libre concurrence entre différentes monnaies.

Revenons sur le scénario le plus probable à ce jour. Quelque soit le résultat des élections grecques, le nouveau gouvernement manquera de la volonté ou de la capacité de respecter le mémorandum de la Troika. On lui coupera donc les apports de liquidités et il sera obligé de constater un défaut franc et objectif sur sa dette. Du contrecoup, les banques ne pourront plus utiliser les obligations de l’Etat Grec comme garanties au guichet de la BCE et se verront privées d’accès à l’Euro, supprimant toute liquidité dans le système économique grec. La Banque de Grèce procédera donc à l’émission d’un nouvelle monnaie (Nouveau Drachme ou autre) qui sera introduite avec un cours de 1:1. Dès les premiers instants de cotation, elle perdra quelque 30 % de sa valeur et pourrait glisser sur le long terme jusqu’à -70 %. Les épargnants grecs, qui ne sont pas plus bêtes que les hedge funds, voyant le coup arriver essayeront de retirer leur épargnes bancaires en Euro avant le changement de monnaie et on aura un bank run qui précipitera l’ensemble du secteur bancaire dans la faillite. La crise contaminera ensuite le reste de l’Europe dès que les épargnants auront vu que le maintient dans l’Euro n’est pas garanti. Le bank run risque de se reproduire en Espagne, Portugal, Italie et peut-être en France, Belgique, etc. avec toutes les catastrophes qu’on imagine.

Et pourtant, tout ce scénario découle d’une simple prémisse jamais explicitée : le monopole territorial de la monnaie. Il est évident pour tout le monde que la Grèce doit être dans l’Euro ou hors de l’Euro. Qu’elle doit utiliser soit la monnaie unique, soit une monnaie nationale. C’est toujours blanc ou noir ! Binaire. Un ou zéro. Mais pourquoi ? Pour quelle raison mystérieuse ne pourrait-on pas avoir deux monnaies sur un territoire ? Ou trois ? Pourquoi la Grèce ne pourrait-elle pas fonctionner avec l’Euro ET la Drachme ? Voire l’Euro, la Drachme et le Dollar US ?

Il existe de nombreux exemples de pays ayant vécu un pluralisme monétaire sous différentes formes. Dans un grand nombre de pays sous-développés, la monnaie locale officielle est détrônée dans les commerces par le dollar sans que ça pose de problème à quiconque. En Chine, jusqu’en 1995, il existait deux Yuan, un pour le peuple et un pour les étrangers avec un marché noir qui permettait le conversion. Au 19ième siècle, aux Etats-Unis, circulaient des dollars d’or et des dollars d’argent. Cela revenait en fait à un système bi-monétaire, où le peuple épargnait l’un et dépensait l’autre en fonction des fluctuations des cours de ces deux métaux. En France même, le monopole du Franc ne date que du front populaire en 1936. A l’époque, des monnaies italiennes et espagnoles circulaient encore largement dans le sud. Le pluralisme monétaire n’a jamais bloqué l’activité économique, ni empêché qui que ce soit de faire ses comptes. Pourquoi ne pas essayer en Grèce puisque tout le reste a échoué ?

On pourrait imaginer le plan suivant.

Le pays fait défaut, ça, on n’y coupera pas. Du contrecoup, les banques perdent leur accès aux euros, mais elles conservent les comptes d’épargne exprimés en Euro quitte à suspendre temporairement les retraits. Le manque de liquidité dans le système économique est comblé par l’introduction d’une monnaie parallèle, le nouveau drachme dont l’objectif est de soutenir les échanges à l’intérieur de la Grèce. Les Grecs consommeraient en Drachme mais épargneraient en Euro. Bien sûr, la Drachme serait vue comme une monnaie faible et sujette à l’inflation. A elle seule, elle ne permettra pas de stabiliser le système. La grande peur des Grecs et des investisseurs, et ils ont raison, c’est que la Drachme parte dans une spirale inflationniste et que tous les actifs libellés en Drachme, depuis les comptes d’épargne jusqu’aux obligations commerciales, perdent leur valeur. Il serait tout-à-fait concevable, lorsqu’on accepte de sortir de l’idée d’un monopole monétaire, de régler ce problème en adoptant comme monnaie légale, le dollar américain. Le gouvernement annoncerait la conversion de tous les contrats de travail et que tous les échanges avec l’administration conserveront leur valeur faciale mais seront désormais libellés en dollar plutôt qu’en Euro. Ainsi, on obtient l’effet d’une dévaluation d’environ 30 % tout en conservant une monnaie qui jouit encore d’une certaine réputation. De nombreux pays ont adopté le dollar américain comme devise nationale et ne mènent aucune politique monétaire particulière. Ça demande un peu d’organisation, mais la Grèce pourrait très bien s’en accommoder, profitant en plus du plaisir revanchard d’humilier les dirigeants de la BCE.

A terme, la situation se stabilisera et une sélection s’opérera entre les monnaies selon leur usage. Quand la croissance économique reviendra, si la Nouvelle Drachme a été mal gérée et n’a pas su convaincre, elle s’effacera progressivement devant un système bi-monétaire tourné autour du Dollar et de l’Euro. Dans les autres pays européens, la constatation que les économies de citoyens ont été épargnées par les tribulations monétaires du pays devrait ramener la confiance dans le système bancaire et permettre de juguler les risques de contagion. Bien sûr, on n’évitera pas un défaut souverain et une baisse du niveau de vie des peuples surendettés, mais, ça, personne ne pourra l’éviter. Le pluralisme monétaire ne mènera pas l’Europe au paradis, mais, au mois, elle lui évitera l’enfer.

On m’objectera que cette solution étant à la fois simple et efficace, il n’y a aucune chance qu’elle soit mise en oeuvre. Et l’on aura -hélas !- raison.

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Que vaudront réellement les nouvelles obligations grecques ?

En me basant sur le cours des obligations grecques à 1 an, j’avais récemment annoncé que la Grèce ne parviendrait pas à conclure son offre d’échange de titre (PSI). Il semblerait désormais qu’ils aient réussi leur coup et que le défaut ordonné soit à portée de main.

Dans mes calculs, j’avais fait un erreur de bleu. J’avais accepté l’idée officielle selon laquelle les titres offerts par la Grèce vaudraient leur valeur faciale et que la décote était réellement de 75 %. En réalité, la Grèce offre actuellement à l’échange des titres à 30 ans d’un pays surendetté et en pleine récession qui risque très fortement de faire faillitte une seconde fois dans les mois ou les années à venir.

La décote de 54% (ou 75% de Valeur Actuelle Nette) dont on parle tout le temps s’appuie sur l’idée que les nouvelles obligations coteraient réellement à leur valeur faciale. Mais, vu la situation actuelle, il n’y a aucune raison de penser qu’elles ne subiront pas – dès le lendemain de leur introduction sur le marché – une décote similaire à celle des obligations actuelles, c’est-à-dire une perte immédiate de 80 % de leur valeur faciale.

La décote réelle pour les possesseurs d’obligations grecques serait donc de finalement de l’ordre de 95 %.

viaGreek « Fresh Start » Bonds Face Immediate 80% Loss, 98% Probability Of Redefault | ZeroHedge.

« since the Greek Debt/GDP will still be over 120% according to another set of rumors (after all, only a small portion of the country’s debt is really getting impaired), it is 100% safe to say that in 30 years Greece will still go bankrupt. So let’s say it deserves a comparable yield to its current 30 year bonds, which are priced to yield about 23%. We are being a little generous and estimate the fresh start bonds will yield 20% post break. Which means that according to a generic bond yield calc, the price on the fresh start bonds post reorg will be… 17.9 cents of par, or immediate losses of over 80% the second these bonds break for trading from par. »

 

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